La saison de chasse 2009-2010 se termine. L'aube de la suivante approche.
Je voudrais profiter de cette courte trêve cynégétique pour rendre un hommage tout particulier à certaines personnes qui, d'année en année, se révèlent de précieux acteurs dans la mise en scène d'une partie de chasse. Amis chasseurs, nous devons non seulement remercier chaleureusement l'ensemble de ces collaborateurs ou collaboratrices, mais surtout les considérer d'égal à égal ! Trop de sociétés de chasse font encore une différence. Elles oublient que, sans elles, sans eux, nous serions comme de simples touristes qui s'asseyent un moment au bois ou de gentils promeneurs qui se déplacent innocemment d'un endroit à un autre, même si c'est l'arme à l'épaule !
Je félicite et remercie d'abord nos vaillants rabatteurs. Sans eux, point de battue ! Par tous les temps, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, ils sont au rendez-vous, prêts à arpenter les enceintes et débusquer le gibier vers lequel le chasseur aura peut-être l'occasion de tirer au rembuché.
Toute l'année, vous entretenez vos chiens pour qu'ils soient au mieux de leur forme à l'ouverture de la chasse. Vous les choisissez bien gorgés pour le plaisir de nos sens lors d'un "courre" et suffisamment éduqués pour qu'ils ne vident pas toutes les enceintes avant le coup de trompe.
En battue, vous n'hésitez pas à traverser ronciers et remises au risque, parfois, de vous faire renverser par un sanglier ou un cerf. Le gibier doit être débusqué et "vider l'enceinte" pour le plus grand plaisir des chasseurs. Si, par hasard, les animaux bloquent dans la battue, sans rechigner vous repeignez l'enceinte, si difficile soit-elle ! Certains d'entre vous, alors, ont essuyé des charges dangereuses… Certains furent plus ou moins gravement blessés, d'autres hélas y ont laissé la vie ! Qu'un pieux hommage leur soit ici rendu.
Amis chasseurs, n'oubliez jamais que sans ces hommes et ces femmes qui se jettent à cor et à cri dans nos enceintes, pas d'ambiance, pas de "courre" des chiens qui, par leurs aboiements, nous tiennent en haleine, font battre notre cœur et indiquent la direction de fuite de l'animal levé. En un mot, pas de chasse vivante et pas de gibier tout court !
Pour ce qu'ils font au nom de cette passion commune qu'ils partagent avec nous et qui s'appelle la "chasse", amis chasseurs, acceptez-les à vos côtés après la partie de chasse et respectez-les.
A tout seigneur, tout honneur !
A nos gardes qui, toute la saison… que dis-je, toute l'année, arpentent chemins et sentiers forestiers, sillonnent les routes pour localiser, identifier et recenser le gibier présent sur nos territoires de chasses, je dis merci et bravo ! Merci pour les longues soirées passées à observer les mouvements du gibier, merci pour toutes les nuits blanches passées à l'affût des braconniers, merci pour toutes les sorties effectuées au petit matin pour surprendre renards et autres prédateurs. Merci encore pour le travail effectué au contact des agriculteurs en plébiscitant la chasse pour la mise en place de tournières, de cultures à gibier, en réaménageant des zones de refuge avec des haies, en leur signalant certaines couvées...
Le matin d'une partie de chasse, qui mieux que le garde peut choisir les enceintes à battre ce jour-là. Qui mieux que le garde sait qu'à tel ou tel endroit, il faut préserver telle ou telle espèce et limiter les prélèvements voire les interdire !
Directeurs de battues, écoutez-les et respectez-les.
Chasseurs et accompagnants, lors d'une battue au grand gibier, déplacez-vous dans le plus grand silence pour vous rendre à votre poste. Vous respecterez ainsi non seulement vos partenaires de battue, mais surtout vous permettrez à tous d'apprécier à sa juste valeur le travail accompli tout au long de l'année par le garde. Cela n'est-il pas la meilleure façon de lui dire merci ?
Aux conducteurs de chien de sang, merci !
Merci pour votre dévouement, merci pour votre disponibilité, merci de ne pas hésiter parfois à faire de grands déplacements pour assurer une recherche, quelle qu'elle soit. Merci bien sûr pour le travail effectué avec votre précieux collaborateur, ce Rouge ou quelque soit sa race, que vous avez éduqué et entraîné avec une patience sans borne. Merci de ne jamais hésiter à vérifier une piste, même si au départ, les chances de succès vous paraissent minimes. Merci de mouiller votre chemise à chaque recherche, de parcourir parfois plusieurs kilomètres le chien à la longe, merci de ne pas reculer devant une sapinière touffue, un épais roncier ou un enchevêtrement de branches et de houppiers laissés au bois par des bucherons peu soigneux …
En assumant votre passion, vous permettez d'éviter au gibier bien des souffrances et une lente agonie. Par la recherche, vous permettez à la chasse et aux chasseurs de retrouver la plupart des gibiers mortellement blessés. Sans vous, ils seraient perdus pour tout le monde, sauf pour les charognards !
Le tir à la chasse se doit d'être précis. Chaque balle lâchée sur un gibier devrait ne l'être que si le chasseur se trouve dans toutes les conditions requises pour que son tir entraîne la mort de l'animal à coup sûr ! Amis chasseurs, de nombreux stands au "sanglier courant" sont à votre disposition pour vous entraîner régulièrement ! Cela évitera bien des souffrances au gibier qui s'enfuit avec une balle de mâchoire, une balle de patte etc. et que, même le meilleur chien de sang ne pourra retrouver !
L'éthique de la chasse impose au chasseur des règles strictes à suivre après chaque tir. Même si l'animal ne vous semble pas avoir accusé la balle, même si vous l'avez encore aperçu plus loin fuyant ventre à terre, la battue terminée, après avoir prévenu vos voisins de poste, il convient d'aller vérifier l'anschuss, relever les indices d'une éventuelle blessure (poil, sang, os…) et baliser la direction de fuite de l'animal visé sans le poursuivre plus d'une cinquantaine de mètres. Malheureusement, un trop grand nombre de chasseurs préfèrent ignorer ces règles élémentaires et ne vous facilitent pas toujours le travail de recherche. Absence de balisage, situation du tir imprécise, poursuite du gibier sur des distances déraisonnables, recherche menée avec un chien non expérimenté ou pire, personne pour vous accompagner sur le terrain... sont votre lot quotidien lors des recherches. Malgré cela, vous assumez, par passion ! Merci.
And, last but not least !
Je veux enfin remercier toutes les personnes qui s'occupent de l'intendance lors de nos nombreuses parties de chasse. Qu'elles soient nos épouses, celles de nos gardes, celles de nos traqueurs, nos compagnes, nos amies… à ces personnes qui, tout au long de la saison cynégétique, nous concoctent de délicieux potages, nous mitonnent de succulents repas, je dis merci. Grâce à leur savoir-faire et leur dévouement, tous les acteurs de la partie de chasse terminent la journée en gardant en mémoire d'inoubliables souvenirs. Merci.
Le Président, Michel SERVAIS