Chers amis chasseurs et autres utilisateurs de la Nature.
Le monde de la chasse est actuellement en ébullition. Les 25 mesures préconisées par notre Ministre de tutelle et son Administration provoquent d'innombrables remous. Certaines de ces mesures sont déjà d'application. Le nourrissage du grand gibier, entre autre… et, vous l'avez constaté, la prolongation du tir de plusieurs espèces de grands gibiers courant janvier 2013.
Cette prolongation temporaire a permis, sur certains territoires, d'achever la réalisation des plans de tir. Plus ou moins deux cents cervidés non boisés ont été tirés durant cette période. Pour l'espèce sanglier, nous attendons avec impatience les chiffres qui seront communiqués bientôt, je l'espère, par la Direction générale de la Nature et des Forêts. Ces deux mesures, dans un délai de trois ans, devraient nous amener, à terme, à réduire d'une façon drastique nos populations de grands gibiers, rendant ainsi pour les propriétaires forestiers, les sylviculteurs, les pépiniéristes et les agriculteurs… les dégâts supportables. Notre belle Région wallonne n'est toutefois pas homogène. Ce qui se passe dans nos Ardennes n'a rien de comparable à ce qui se passe en Hesbaye ou encore dans le Tournaisien. Grands massifs forestiers d'une part, et multitude de bois et de boqueteaux de l'autre.
Il est regrettable que notre Ministre de tutelle, Monsieur Carlo Di Antonio, ne se soit pas inspiré de ces différences géographiques pour prendre cet arrêté. Regrettable aussi qu'il n'ait pas, non plus, suivi l'avis du Conseil supérieur Wallon de la chasse. Résultat : Une incompréhension totale de ces mesures, non seulement dans le monde de la chasse, mais aussi et surtout au niveau de la population belge en général. Un cas de figure : Un titulaire de chasse organise une journée au petit gibier et à l'autre gibier un samedi ou un dimanche de ce mois de janvier 2013. La battue démarre et… une bande de sangliers se présente. Seule chose permise : la regarder ou la photographier. Le monde de la chasse jugera. D'autres mesures seront probablement d'application quand vous lirez ces lignes. Un devoir de réserve m'impose de ne pas en parler ici.
Un autre thème que je voudrais aborder dans cet éditorial, et je suis sûr que la plupart d'entre vous en ont pris connaissance, est l'article paru dans le "Paris Match" du 31 janvier dernier. Cet article, peu élogieux, semble vouloir discréditer le monde de la chasse auprès de nos concitoyens. Des insinuations sournoises contre les chasseurs voudraient nous mettre tous dans le même panier. Ils oublient certainement que, comme dans toute société, il y a des brebis galeuses. Nous avons tous en mémoire certains agissements de personnes dignes de peu de foi !
Notre rôle n'est ni de juger ni réprimander ces abus, sinon… dénoncer la transgression de la législation par des comportements inadaptés, d'où qu'ils viennent. Des agents compétents formés à ce sujet, des magistrats expérimentés jugeront en leur âme et conscience et en toute indépendance ces abus où le non respect de la législation sur la chasse a été constaté. Force est de reconnaître que ce sont souvent ces dérives d'une petite minorité, amplifiées par certains médias ou d'autres, qui amènent nos dirigeants à prendre des mesures impopulaires.
Un autre sujet qui me tient à cœur est celui de l'utilisation des pesticides et défoliants. Au mois de septembre dernier, par une belle journée de chasse ensoleillée, nous chassons la perdrix. Le chien d'un de mes amis lui rapporte un perdreau. Soudain, il est pris d'un malaise, nous sommes fin de matinée. Vu l'état de l'animal, des soins vétérinaires sont indispensables. Ils n'auront malheureusement pas d'effet. Le chien s'éteint. Il est 17h00.
Une autopsie et une analyse de laboratoire spécialisé sont demandées.
Résultat : La cause de la mort est liée à un pesticide du groupe chimique des dérivés de l'acide carbamique : un CARBAMATE dont l'action toxique anticholinestérasique est similaire à celle des OP, les organo-phosphorés.
Le rapport de cette analyse est à votre disposition. Nous demanderons à notre Ministre de tutelle, qui est aussi celui de l'Agriculture, de charger son Administration de faire toute la lumière sur ce produit. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés.
Je me permets encore, dans cet éditorial, de vous rappeler le danger qui plane au dessus de nos têtes au sujet d'une terrible et insidieuse maladie, dont l'incubation peut varier entre dix et quinze ans, et qui peut être mortelle pour l'homme si elle n'est pas décelée à temps et suivie d'un traitement à vie. L'ECHINOCOCCOSE ALVEOLAIRE. Plusieurs personnes de mes connaissances ont été contaminées. Cette contamination n'a été détectée que grâce à une prise de sang. Je vous invite, lors de votre prochaine prise de sang, à demander ce contrôle, il y va de votre santé demain. Vous pouvez aussi faire un large écho de cette maladie auprès des écoles et des mouvements de jeunesse. Des mesures élémentaires doivent être prises. Ne pas ramasser de fruits forestiers qui sont à moins de cinquante centimètres du sol, se laver régulièrement les mains, ne pas porter de végétaux à la bouche… J'ai lu dernièrement un rapport français à ce sujet. Éloquent ! Il sera publié dans une de nos prochaines revues.
Nous avons appris avec une profonde tristesse le décès de notre trésorier. Francis Renard nous a quittés après une longue et pénible maladie. Au nom de tous les membres de l'Amicale des chasseurs de la Région wallonne, au nom du Comité dont je suis le Président et moi-même, je présente nos sincères condoléances à son épouse, ses enfants et petits enfants. Francis, nous aurons toujours une pensée pour toi.
Je voudrais, avant de terminer cet éditorial, vous inviter nombreux à notre Assemblée annuelle qui se tiendra le vendredi 29 mars 2013 à partir de 19h30 au Foyer communal, place Arthur Lacroix à Gembloux. Vous pourrez y rencontrer notre Ministre de tutelle en personne : Monsieur Carlo Di Antonio et….chose n'est pas coutume, en plus, lui poser les questions qui vous brûlent les lèvres à propos de la chasse.
Nous avons voulu marquer le pas pour cette soirée festive. Au programme, un Ministre, des lots, un voyage, une carabine, un fusil, un récital de trompe de chasse, des couteliers de Belgique… Rester chez vous à regarder je ne sais quoi, ou écouter je ne sais qui… et vous aurez tout raté !
Eh oui, cette année, il faut être présent pour avoir droit à quelque chose…à bon entendeur ! N'hésitez pas, venez avec vos amis, la soirée promet, surtout... avec un Ministre en prime.
Je termine cet édito en remerciant les nombreuses personnes qui m'ont contacté au sujet de ma santé. Je peux les rassurer. Tout se passe bien et… aujourd'hui, le monde de la chasse peut encore compter sur moi. Merci à toutes ces personnes.
Michel Servais Président A.C.R.W.