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Nourrisage du sanglier

Interdiction dans les forêts de l’Etat et
de la Région wallonne

Benoît LUTGEN, Ministre de la Ruralité, décide, par dispositions contractuelles intégrées dans le cahier des charges pour la location du droit de chasse en forêt domaniale, d’interdire le nourrissage du sanglier sur les territoires de l’Etat et de la Région wallonne faisant l’objet d’un nouveau contrat de bail pour la location du droit de chasse. Cette nouvelle disposition est prise car il apparaît sur le terrain que les dispositions de l’Arrêté du Gouvernement wallon du 28 mai 2003 régissant les conditions de nourrissage du grand gibier sont détournées à des fins d’appâtage et ne remplissent plus l’objectif de protéger et d’améliorer le milieu naturel pour l’amener vers une plus grande biodiversité.

Réactions
La décision du Ministre Lutgen d’interdire le nourrissage des sangliers surLe ministre Lutgen les chasses publiques n’a pas fait l’unanimité, loin s’en faut. Les chasseurs sont mécontents et les agriculteurs craignent pour leurs cultures. En effet, le nourrissage permettait d’éloigner les sangliers des cultures. L’Union des Villes et des Communes est également inquiète. Dans les communes rurales, les locations de chasses sont un revenu appréciable, depuis que s’est effondré le prix du bois. S’il y a moins de sangliers ou s’il y a plus de risques de dégâts, les lots de chasse ne seront plus loués, ou du moins plus aussi chers.
La solution passerait, à entendre les différentes parties, par une réduction des effectifs avant l’interdiction de tout nourrissage ! C’est là que les conseils cynégétiques, qui veulent toujours plus de pouvoir, sont montrés du doigt. Ceuxci auraient dû prendre des mesures (imposer des plans de tir) pour limiter la croissance quasi exponentielle des populations de sangliers !
Le Ministre quant à lui explique qu’il défend la nature, la biodiversité et les agriculteurs. Sa mesure concerne les chasses domaniales qui ne représentent que 5 % du territoire concerné par les sangliers, mais à terme, il veut arriver à des résultats similaires sur les territoires privés afin que l’on se dégage du nourrissage en trois ou quatre ans.
Pour le Ministre, différents éléments entrent en ligne de compte : la sécurité des automobilistes, l’impact sur la faune (destruction par les sangliers d’oeufs de tétras-lyres et effet négatif sur les batraciens et les reptiles). La forêt ne doit pas être un grand élevage de sangliers ! D’autre part l’agriculture subit de nombreux dégâts sans parler des risques sanitaires avec la menace de la peste porcine. Pour Benoît Lutgen, les chasseurs ont la possibilité de réduire fortement le nombre de sangliers, mais n’ont pas vraiment envie de le faire. Aussi va-t-il prendre contact avec les conseils cynégétiques pour leur demander d’adapter les restrictions qu’ils mettent au tir, pour les responsabiliser en matière de dégâts, pour leur demander de s’ouvrir au monde agricole. Enfin il sera proposé de limiter le nourrissage à la période du 1er avril au 30 septembre en utilisant d’abord de l’orge et de l’épeautre et quasi pas de maïs.


Nourrissage des sangliers

on en parle au Parlement

La chasse et le surnombre de sangliers défraient la chronqiue parlementaire. Question d'argent ? D’éthique ? Ou côté dérisoire de la mesure ?

La décision du ministre Lutgen d'interdire le nourrissage des sangliers sur les territoires publics, a fait des remous jusqu'au Parlement walIon. C'est Françoise Fassiaux (PS) qui, a tiré le premier coup de feu. Elle insiste sur les revenus, de la chasse (550.000 Euros, soit, 5 % du budget d'une commune telle que Chimay, ou la moitié de son budget de CAPS !) estime que les sangliers iront se nourrir ailleurs et qu'ils feront d'autant plus de dégâts. Elle réclame une chasse éthique et respectueuse de le nature. “Les Wallons ne sont pas seulement des tiroirs-caisses !” dit elle.

Son collègue Willy Borsus (MR) estime que chasseurs et agriculteurs s'interrogent sur la pertinence des mesures prises. Il demande quelles autres mesures ont été étudiées et si les chasseurs de bois privés ont été consultés.
Le ministre Lutgen rappelle les mesures qu'il a prises auparavant. Il pointe une nouvelle fois les conseils cynégétiques et les chasseurs qui préservaient certains types de sangliers pour assurer la valeur de leur cheptel de chasse, au mépris de la nécessaire réduction du nombre d'animaux. Il estime aussi que le nourrissage est un très mauvais service rendu à la chasse, qu'il transforme les sangliers en animaux d’élevage. Il attire l'attention des députés, sur le danger et les dégâts que les sangliers font aux véhicules en traversant les chemins.
Willy Borsus minimise l'intérêt de la mesure qui, dit-il, ne concerne que 5 % des chasses.