Le sanglier (suite 8 de 8)

La dynamique des populations de sanglier.

Le taux d’accroissement théorique d’une population de sanglier est d’environ 50 à 150 %.

Une question qui revient régulièrement : sur une population de 100 sangliers à l’ouverture, on pourra tirer sans compromettre l’avenir 25, 50 ou 100 bêtes…la réponse est 50 animaux.

 Nous avons vu que la mortalité des jeunes marcassins dans leur première semaine de la vie est important : 30 à 50 %. A cela s’ajoutent les pertes naturelles d’une population équilibrée de sangliers. Ces pertes touchent essentiellement les animaux de 0 à 12 mois et même plus de 0 à 6 mois…

Les causes de mortalité.

  • Accidents : collision avec des voitures
  • Intoxications….surtout les pesticides (rodenticides)
  • Conditions climatiques rudes empêchant les animaux de rechercher leur nourriture en retournant la terre.
  • Carences alimentaires de toute origine…(maïs ……)
  • Les maladies parasitaires ( strongylose, ascaridiose, distomatose, trichinose…) ou infectieuses ( charbon bactérien, leptospirose, rouget, peste porcine, rage, brucellose, pasteurellose..)
  • Des tumeurs ou des malformations..
  • Et bien sûr…la chasse et des blessures de balles mal placées ….

Le taux d’accroissement réel de la population sera donc de +/- 100 %.

La dynamique des populations.

Toutefois, dans des conditions particulièrement favorables, une population de sangliers peut augmenter de 200 % en une année.

Procéder à des recensements est quasi impossible. Les animaux possèdent un très grand territoire vital. Les mâles présentent parfois un penchant marqué pour les déplacements, sans pour autant, je le rappelle, être nomades. Les animaux ont une activité essentiellement nocturne.

Toutefois, un gestionnaire de chasse attentif pourra, par l’observation des indices de présence déjà énumérés plus tôt dans notre exposé, donner un avis sur la densité de bêtes noires sur un territoire donné : de nulle à faible ou forte.

Encore une fois, c’est à travers l’interprétation des tableaux de chasse que l’évaluation qualitative et même quantitative sera la meilleure.

Limiter les journées de chasse pour éviter un dérangement excessif et le décantonnement des animaux est de règle si on veut garder une population de sangliers sur un territoire. Ne plus chasser le sanglier dès janvier évite le tir des laies pleines !

De la gestion des populations de sangliers.

Rappel : la capacité d’accueil biologique d’un territoire est la densité pour laquelle une population non chassée arrête sa croissance en nombre d’individus. Avant ce stade d’arrêt des naissances, la nature aura déjà réagi en augmentant le nombre des naissances de jeunes de sexe mâle par rapport aux femelles.

Pour le sanglier, la capacité biologiquement supportable est peu importante puisqu’il n’occasionne aucun dégât à la forêt.

Par compte, la capacité économiquement supportable est, cette fois, primordiale, vu les dégâts importants qu’il peut infliger aux cultures. Avant d’envisager une augmentation de la population des sangliers sur un territoire donné, le gestionnaire de chasse doit envisager les dégâts possibles aux cultures….sinon, cela risque de lui coûter très cher ! ! !

Quelques réflexions et questions sur la gestion du sanglier….

Une valeur moyenne sera chez nous de 2 à 6 bêtes noires aux 100 hectares

Le lâcher de sangliers, même génétiquement purs est toujours interdit par la législation de la chasse et ne représente donc pas la solution idéale pour repeupler des zones à faible densité .

Pour favoriser le repeuplement et sédentariser des compagnies sur un territoire donné, il vaut mieux la présence de l’un ou l’autre vieux verrat, l’une ou l’autre compagnie ou la mise-bas d’une ou deux laies sur le territoire.

Le sanglier est rapide !

Sur le plan quantitatif ,

si j’estime ma population à 100 sangliers en fin d’hiver, ( avant mise-bas) ma population étant bien équilibrée dans sa structure et dans ses différentes classes d’âge, combien pourrais-je en prélever sans compromettre l’avenir ?

Mon taux d’accroissement théorique réel serait de 100 , mais par mesure de précaution, je ne prélève que 80 bêtes.

Sur le plan qualitatif ,

Je ne tire jamais la laie meneuse.

Je ne tire jamais une laie suitée .

Je tire de préférence les plus petits dans une compagnie, ce qui permet de laisser vieillir ma population de sangliers.

Lors de l’élaboration de mon plan de tir, je préconise le tir de 80 % de bêtes rousses et 10 % de bêtes de compagnie, soit 90 % de bêtes de moins de 50 à 60 kgs pour 10 % d’animaux de + de 70 kgs. Cette formule serait idéale pour stabiliser un cheptel.

Si je veux augmenter ma densité, je prélève plus dans les jeunes classes d’âge. Donc, ne prélever que des bêtes rousses.

La bête noire facine les chasseurs.

Etienne Guerriat.

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