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La reproduction du sanglier . La reproduction varie en fonction de nombreux paramètres. Parmi ceux-ci, le climat intervient naturellement. Un climat doux est favorable à la reproduction du sanglier. L’alimentation joue aussi un rôle essentiel sur les facteurs de reproduction. Une bonne nourriture abondante (glands – maïs ….) associée à la quiétude sur un territoire vital accélère la puberté des jeunes laies, avance la période des chaleurs et donc des mise-bas. Le taux de fécondité est aussi augmenté sensiblement. Attention toutefois à l’excès de maïs qui va provoquer un déséquilibre alimentaire marqué et diminuer cette fois la fécondité. Cette influence d’une bonne alimentation sur la fécondité et les naissances n’est toutefois vraie que si la structure sociale des compagnies est bien établie et le groupe parfaitement hiérarchisé. Nous allons expliquer pourquoi ! Les facteurs éthologiques avec les diverses structures d’âge de la population des femelles, la présence de la laie meneuse dans le groupe ainsi que la présence de verrats adultes sur le territoire sont autant de facteurs primordiaux pour la reproduction du sanglier.
En règle générale pourtant , la laie met bas pour la première fois = primipare à 2 ans ! ! ! Dans une compagnie bien structurée, la 1 ère laie en chaleur est toujours la laie meneuse qui joue un rôle essentiel dans l’organisation du groupe. Le déclenchement de l’oestrus, les chaleurs, est bien sûr lié à tous les facteurs déjà évoqués. Le photopériodisme, c’est-à-dire le cycle de lumière journalier, a une influence prépondérante sur le déclenchement des chaleurs. Celles-ci se déclenchent lorsque la lumière diminue. La chute de la température extérieure, la diminution de la durée de la clarté du jour associées à l’augmentation des disponibilités alimentaires d’automne, bonnes ou mauvaises ( glands, faines…) influencent le retard ou la précocité de la reprise du cycle oestral de la laie. Le pic des chaleurs a donc lieu au solstice d’hiver, mi-décembre . En règle générale, le rut du sanglier a lieu de mi-novembre à mi-janvier avec un cycle de 21 jours comme pour la biche. La durée de la période de réceptivité au mâle avec le meilleur taux de fécondité est courte. Elle dépasse à peine les 50 heures à chaque cycle. (2 à 3 jours ) La laie meneuse entre en chaleur, sécrète non seulement beaucoup d’oestrogènes, mais aussi d’autres phéromones dans ses urines, sa salive et les différentes glandes à parfums déjà évoquées. Stimulées par ces différentes sécrétions, les autres laies de la compagnie entrent en chaleur à leur tour . La conséquence directe de cette entrée en chaleur quasi simultanée de toutes les laies de la compagnie sera une mise-bas synchrone, même si chaque laie va s’isoler, seule, dans son propre chaudron pour accoucher. Après un mois, les laies de la même compagnie vont se regrouper quasi toutes en même temps avec leurs marcassins respectifs, de nouveau sous la conduite de la laie meneuse et assurer ainsi la surveillance et l’éducation des jeunes, toutes ensemble. Pendant que quelques-unes surveillent les marcassins, les autres peuvent s’alimenter en paix, phénomène plus que bénéfique à une bonne lactation. Le caractère saisonnier du rut chez le sanglier est directement lié à une période de repos sexuel total appelé anoestrus. Il a lieu en été de juin à septembre. ( anoestrus d’été ) La température élevée de l’été et la longue durée des journées avec une clarté importante provoquent l’anoestrus d’été. Il a disparu chez la truie et chez nos hybrides. Il est clair à présent que la présence, au sein de la compagnie, d’une laie adulte meneuse est non seulement essentiel à la sédentarisation du groupe, mais aussi au bon déroulement du cycle des mise-bas. Le tir de la laie meneuse peut avoir des conséquences dramatiques .
Nous savons que les verrats ne vivent pas avec les laies. Comment s’effectue alors leur rapprochement à la période du rut ? Les mâles sont bien sûr polygames. Si, de surcroît, on imagine que la période de réceptivité des femelles est très courte à chaque cycle, 2 à 3 jours au plus, on comprend facilement que la recherche du partenaire sexuel sera très active ! Pendant les quelques jours que durent les chaleurs de la laie, nous avons dit qu’elle sécrétait beaucoup d’oestrogènes et d’autres phéromones par toutes les glandes olfactives et dans ses urines. La laie en chaleur adopte aussi, à ce moment, un comportement intéressant qui consiste à saliver et à se frotter les yeux et le menton sur la base des arbres. Je vous rappelle l’existence des glandes mentonnières et lacrymales. Attirés par ces sécrétions, véritables incitants olfactifs, les mâles dominants s’installent à proximité du groupe de laies en chaleur. Ils éloignent les jeunes mâles de la compagnie alors âgés de 12 à 18 mois : les bêtes de compagnie. Pour éviter la promiscuité d’autres mâles adultes, prétendants aussi à l’accouplement, le mâle dominant, à son tour, urine, salive et se frotte aux troncs d’arbre pour en imprégner l’écorce des sécrétions de ses glandes prépuciales, espérant ainsi éloigner les concurrents. Si plusieurs mâles dominants convoitent la même compagnie de laies en chaleur, des combats très violents auront lieu. Rarement mortels heureusement, le sanglier possède en effet, une belle armure de protection. La copulation n’est pas encore gagnée pour autant…Les laies dominantes sont parfois capricieuses et très agressives vis-à-vis des mâles. Ceux-ci évitent d’ailleurs de se bauger en compagnie des laies et restent légèrement à l’écart. Les laies aiment se faire courtiser, ne se soumettent pas facilement au prétendant, qui verra son poids corporel diminuer jusqu’à 25 % lors du rut tant la dépense d’énergie est grande pour lui, à éloigner les prétendants et à courtiser les femelles. Les harems de femelles pourront comprendre jusqu’à 6 à 8 laies. Bien que la puberté des mâles soit atteinte dès l’âge de 8 à 12 mois, en général, le rut est exclusivement réservéà des verrats adultes dominants….les plus forts et donc, normalement génétiquement les meilleurs. Pérennité de l’espèce oblige ! Ils ont au moins trois ans. Ce ne sera malheureusement pas le cas si la structure des populations de sangliers, dans un territoire donné, ne comprend pas d’harmonie entre les différentes classes d’âge et que le nombre d’adultes matures est trop faible. La saillie durera plusieurs minutes contrairement aux cervidés où un seul coup de rein suffit. Le verrat éjacule 250 à 400 millilitres de sperme pour 3 à 4 millilitres pour le cerf ou le chevreuil. Nous verrons que, parfois, le verrat ne possède qu’un seul testicule externe, l’autre étant resté dans l’abdomen lors de la migration embryonnaire des testicules vers les bourses. On le dit alors « monorchide », mais reste parfaitement fécond ! ! ! Le résultat de la saillie pendant les 50 heures propices de l’oestrus de la laie sera naturellement une gestation. Elle dure de 110 à 120 jours, soit un bon moyen mnémotechnique pour le retenir : 3 mois 3 semaines 3 jours . Habituellement, la laie aura une seule portée par an, exceptionnellement deux. Ce cas peut se présenter lors d’une très bonne glandée, la laie, en automne, sera suitée de marcassins rayés, mais aussi de bêtes rousses sevrées tôt au printemps. Dans les conditions optimales de température, de quiétude et d’alimentation, une laie adulte pourra avoir au plus TROIS portées sur 2 ans. Les aliments complémentaires délivrés en abondance, qu’ils soient dissuasifs ou supplétifs, un peu partout et surtout sans réfléchir …, une population éventuellement hybride par des pratiques anciennes de lâcher, peuvent expliquer l’existence de 2 pics de naissances sur une année dans nos populations de sangliers. Le premier, normal et naturel, fin février, mars ou encore avril. Le second, plus qu’anormal, en août et septembre ! ! Ces naissances anormales en août et septembre sont :
La mise-bas = parturition dure 3 à 4 heures. Elle a lieu dans un « chaudron », véritable construction faite de branches, de fougères et d’herbages, situé dans un endroit bien abrité. A l’intérieur du chaudron, grâce au rayonnement de la chaleur corporelle de la mère et à l’effet isolant de la construction, règne une température de 32° à 33°. Les mise-bas ont lieu en principe de janvier à septembre, avec un pic printanier très marqué entre Mars et Mai, surtout si les groupes sont bien hiérarchisés et que les laies meneuses sont présentes . La laie accouche en moyenne de 4 à 5 jeunes avec une amplitude pouvant aller de 2 à 10 marcassins. La taille de la portée = le nombre des jeunes, dépend fortement de l’âge et du poids de la laie au moment de la mise-bas. Une jeune bête de compagnie ou même une bête rousse de + de 8 mois et de plus de 35 kgs, si elle est saillie, mettra au monde 110 à 120 jours plus tard un maximum de 2 à 3 marcassins Une laie adulte de 5 ou 6 ans mettra bas, elle, 7 à 8 marcassins bien vifs. Une tradition pour estimer le nombre des marcassins d’une laie par portée est de prendre le poids de la laie en dizaines de kilos et d’y soustraire 1. Exemple : une laie de 65 kgs = 6 – 1 = 5 marcassins. Les marcassins naissent avec un poids moyen de +/- 750 grammes avec des variantes de 600 grs à 1 kilo, pour une longueur de +/- 25 cms. Ils naissent les yeux ouverts, couverts de poils, capables de se déplacer immédiatement et avec des petites dents de lait bien pointues. La première cause de mortalité des marcassins est le froid et plus encore, un froid intense mais humide ! Pour maintenir sa température corporelle, le marcassin doit brûler des calories . Malheureusement, il n’a aucune réserve de graisse qui pourrait lui apporter l’énergie nécessaire. Seul le lait maternel lui fournit ces calories. Pour cela, les premiers jours de la vie se passent exclusivement au nid. Le taux de mortalité des marcassins dans la première semaine est de 30 à 50 %. Il est inversement proportionnel au développement corporel de la mère. A laie corpulente mature, des jeunes vigoureux, d’un bon poids à la naissance et une bonne lactation avec un lait maternel riche et de bonne qualité. A jeune laie primipare, des marcassins bien sûr moins nombreux à la naissance, mais aussi plus chétifs, avec un poids de naissance inférieur à 700 grammes et une lactation plus difficile à démarrer et moins abondante. La mortalité intra-utérine est faible chez la laie. La mortinatalité des marcassins reste difficilement quantifiable dans les trois premiers jours, puisque la laie n’hésite pas à manger ses jeunes mort-nés au chaudron ! Le cannibalisme spontané n’existe toutefois pas chez le sanglier, sinon en conditions d’élevage ! Il est important de le différencier des attitudes de « méchanceté » de mères susceptibles qui ne supportent pas les marcassins d’autres laies et peuvent les tuer d’un coup de boutoir ! Après 5 à 6 jours de vie exclusive dans le nid, le chaudron, les marcassins s’aventurent autour de celui-ci pour découvrir progressivement leur environnement sous le regard attentif de la laie. Pendant ces 4 à 5 jours où la laie reste exclusivement au nid, elle se sent très vulnérable, elle sera donc très farouche et agressive si un intrus perturbe sa quiétude. Après 15 jours durant lesquels ils se sont exclusivement nourris du lait maternel, les marcassins commencent à ingérer leurs premiers végétaux et insectes ou vers. Leur régime va progressivement s’étoffer même si le sevrage n’aura lieu que vers 3 à 4 mois. Au bout d’un mois d’isolement avec sa nouvelle progéniture, la laie réintègre le groupe familial et un nouveau groupe se forme avec la laie meneuse et les autres laies du groupe entrées en chaleur avec elle. Les jeunes seront alors élevés en « nursery ». Ce système rend le travail d’éducation et de surveillance de la progéniture plus facile et la prise alimentaire des laies en lactation plus tranquille. Les marcassins nés de mères au développement corporel optimum seront vigoureux et bien portants, les marcassins issus de la laie de tête grandiront plus vite que les autres car, en tant que meneuse, elle a la priorité alimentaire et donc une alimentation plus abondante, d’où une lactation optimale pour ses marcassins qui en profitent au maximum et grandissent mieux que la moyenne des jeunes de la compagnie. Quatre mois après les mise-bas, trois mois environ après que les laies aient reformé une compagnie, la progéniture de l’année précédente, les bêtes rousses devenues maintenant des bêtes de compagnie rejoignent à leur tour la cellule familiale. Les bêtes de compagnie de la portée précédente, elles, sont devenues des ragots ou des laies ragotes. Elles ont quitté le groupe entre 18 mois et 2 ans. Les laies ragotes, si elles furent saillies lors du rut, ont réintégré la compagnie en tant que jeunes mères, mais les ragots, eux, la quittent de façon définitive pour former des petits groupes de jeunes mâles. La nostalgie de la cellule familiale pourra toutefois, parfois, à un moment, les rapprocher à nouveau…mais pour peu de temps.
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