Le sanglier (suite 2 de 8)

Les cris.

Les vocalises du sanglier sont au moins de 9, grâce auxquelles ils communiquent et savent se reconnaître.

Le sanglier grommelle, nasille, couine, grogne, souffle, gémit, claque des mâchoires….on dit qu’il « CASSE LES NOISETTES », signe d’alerte et d’inquiétude, son très particulier provoqué par le claquement des dents lorsque, par exemple, il sera acculé au ferme, blessé, prêt à charger ses agresseurs.

Sanglers et marcasins

Chaque laie a un timbre de voix différent, une intonation de son personnelle, ce qui explique aisément la personnalisation de la communication entre les marcassins et leur mère.

Dans cette espèce, comme pratiquement chez tous les mammifères, les vocalises s’associent à des attitudes corporelles très précises.

Ainsi, à un certain nasillement de la laie, les marcassins se tapissent, on dit qu’ils se rasent !

Cela signifie qu’il y a du danger pour eux, ils sont prêts à fuir sur l’ordre de leur maman. Une attitude d’alerte a, en plus, été adoptée par la mère : la queue = VRILLE est redressée, alors qu’elle est tombante la plupart du temps, lors de périodes de quiétude et de repos. La crinière est fortement hérissée et la tête dressée.

Les cris de couinement sont le plus souvent associés à des douleurs atroces telles les morsures dans les combats, ou des balles mal ajustées ( tir de rein ou de colonne par exemple..)

Pour mourir, les animaux n’émettent jamais le moindre cri… ils meurent dignement, en silence !

Le pas et la trace.

Artiodactyle de par l’évolution qui a voulu que le pouce disparaisse, l’empreinte du pied du sanglier au sol s’appelle « le volcelet », terme de vénerie, bien sûr !

Celui-ci est particulièrement facile à identifier grâce à des critères uniques.

Les deux doigts principaux, centraux, sont appelés PINCES. Ils sont plus ouverts que chez le cerf.

Les deux doigts postérieurs, atrophiés, se nomment «  LES GARDES » alors que chez le chevreuil et le cerf, on les nomme les « OS ». Ce sont les ergots de nos gallinacés.

Gardes

Les gardes du sanglier sont beaucoup plus près du sol que les os des cervidés, ce qui permet une reconnaissance facile des empreintes laissées par nos bêtes noires .

De plus, critère très important, les gardes sont marquées au sol très latéralement par rapport aux pinces et les débordent largement. Les pinces, extrémités antérieures des deux doigts principaux, posent franchement sur le sol et sont largement ouvertes pour les bêtes d’un poids appréciable.

Si la longueur du pas est de plus ou moins 30 à 40 cms pour le sanglier alors qu’elle sera de 50 à 60 cms pour le cerf, le pied sera de plus ou moins 10 cms de long sur 7 à 8 cms de large pour un grand vieux sanglier.

En effet, il est clair pour tous que la longueur et la largeur du pied augmentent avec l’âge.

Comme pour le cerf, au niveau de la voie, le vieux sanglier retarde !

A la course en battue, poursuivi par les chiens, notre sanglier adulte fuit à +/- 40 kms/heure, soit un bon 10 mètres par seconde, ce qui en réalité vaut du 36 kms/heure.

RETENIR CES TERMES ! ! ! !

Des organes de reconnaissance individuelle dans le groupe = la compagnie.

Si la silhouette intervient certainement, l’odeur de l’individu reste le premier facteur de reconnaissance dans le groupe.

Cette odeur, directement liée à des sécrétions particulières à chaque individu, les phéromones, permettent aux animaux non seulement de se reconnaître, de marquer leur territoire, mais encore de communiquer entre eux.

Les glandes phéromonales jouent un rôle essentiel dans le rapport social de la compagnie. Le sanglier, comme tous les autres animaux en possède un certain nombre.

Ces deux bêtes de compagine vont probablement se remiser pour la journée dans cette coupe épaisse.

Au niveau des membres antérieurs, les glandes carpiennes sont situées au niveau du pli des poignets. Elles sont considérées comme responsables de l’odeur spécifique que dégagent les sangliers, odeur typique, facilement perceptible pour l’homme

Des glandes interdigitales existent aussi comme pour le chevreuil et le cervidé .

D’autres glandes phéromonales existent , les glandes mentonnières, les glandes prépuciales, développées uniquement chez les mâles, et les glandes préorbitaires, similaires au larmier du cerf, mais moins développées !

Les appellations suivant l’âge de l’animal .

Un marcassin est un sanglier âgé de – de 6 mois (rappel : 11 rayures), en livrée jusque 3 à 4 mois et un poids de 12 à 15 kgs. Il est né avec un poids de 700 grs à maximum 1 kilo. Ces rayures disparaissent progressivement pour laisser apparaître un fond roux de plus en plus marqué.

De 6 mois à 1 an , il est bête rousse. Son poids va progresser de 25 à +/- 40-45 kgs. Le toupet ou touffe de poils de la vrille = queue n’existe pas encore.

De 12 à 24 mois , (2 ans) il devient bête de compagnie

Cette fois, la vrille s’est bien développée et arbore un beau toupet.

De 2 à 3 ans , le sanglier mâle s’appelle ragot et la laie, une laie ragote.

A partir de 3 ans , la terminologie va varier selon que le sanglier est mâle ou femelle.

Nous avons vu qu’à cet âge, le dimorphisme sexuel se marque de plus en plus en taille (croissance plus rapide des mâles), mais aussi au niveau de la tête = la hure avec un groin = boutoir et une crinière mieux développés.

Le pinceau pénien est bien visible et les testicules = suites se sont parfaitement développés et sont très visibles.

Attention toutefois à ne pas confondre ce pinceau pénien avec une touffe de poils que la laie peut présenter au ventre l’hiver !

La femelle s’appellera dorénavant une laie. Après 6 ans, on parlera de vieille laie !

La terminologie des mâles retient toute notre attention :

De 3 à 4 ans , on parlera de tiers an.

De 4 à 5 ans , il sera quartannier.

De 5 à 6 ans , le voilà devenu vieux sanglier.

Après 7 ans , on le nomme grand vieux sanglier.

Le terme « solitaire » signifie que l’animal est un sanglier mâle, adulte, vivant isolé des compagnies, seul ou accompagné d’un plus jeune qui porte le nom de « page ».

Le terme cochon induit une nuance péjorative à la chasse et est à bannir du langage cynégétique.

Il est de loin plus à propos d’utiliser le terme générique de « bête noire » !

D’autres appellations spécifiques

La laie suitée est une femelle suivie de sa progéniture, les marcassins. Ce n’est pas une compagnie. Pourquoi ?

La laie suitée.Pendant l’allaitement et jusqu’au moment où les jeunes marcassins auront 3 à 4 mois ( perte de la livrée rayée ), la laie ne tolère pas avec elle ses jeunes de l’année précédente, âgés eux de 14 à 16 mois. Ce n’est qu’après que les marcassins aient atteint un poids de 12 à 15 kilos que les bêtes de compagnie vont réintégrer la cellule familiale. Par contre, plusieurs laies peuvent se grouper avec leur jeune progéniture respective, s’entraider pour l’éducation et la surveillance des marcassins. Cela arrive fréquemment dès le premier mois qui suit les naissances. Souvent, ce sont des laies issues d’une même cellule familiale, sœurs ou demi-sœurs. Tout ce petit monde forme, cette fois, une compagnie de sangliers.

Le page est un jeune sanglier mâle qui accompagne notre grand vieux solitaire.

Le sanglier pigache possède une pince plus longue que l’autre à un pied.

Le sanglichon ( sanglochon ) ou cochonglier est un hybride, issu du croisement d’un porc et d’une laie ou d’un verrat et d’une truie. L’hybridation sanglier/porc domestique donne des femelles plus prolifiques. Le produit du croisement porc domestique et sanglier est dit interfécond, Il est le témoin d’une pollution génétique et est à éliminer en priorité ! !

Chez les hybrides, un certain nombre de signes ne trompe pas :

Il faut savoir que le porc domestique possède 38 chromosomes, alors que le sanglier n’en possède que 36. Pourtant, le sanglier est à l’origine du porc domestique .

Une analyse chromosomique, le caryotype, permet de dépister les hybrides, mais la méthode n’est pas infaillible puisqu’un croisement de deux sanglichons avec 37 chromosomes peut donner dans 25 % des cas 36 chromosomes, 37 chromosomes dans 50 % des autres cas et même 38 chromosomes pour les derniers 25 %.

Tous sont bien sûr impurs, quelle que soit la formule chromosomique.

L’apprivoisement du sanglier n’a, par contre, aucune incidence génétique sur la descendance. Le nombre des chromosomes est, et reste à 36. Il doit juste se réadapter à la vie sauvage. Il est vrai que, remis en liberté dans un milieu adéquat, ce sanglier apprivoisé adopte toujours la solution de facilité pour rechercher sa nourriture. Il risque alors de créer plus de dégâts dans les cultures !

Le sanglier albinos , souvent issu d’un croisement porc / sanglier, présente de la dépigmentation au niveau du poil, mais aussi des yeux, des sabots et du groin. Il sera rarement blanc. Le plus souvent, sa couleur sera crème.

 

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