Le faisan de Colchide et le faisan “commun”

Sommaire

Introduction

De nombreuses variétés de faisans….
Le faisan versicolor
Le faisan dit “commun”
Le faisan vénéré.
La biologie de nos faisans de “chasse".
La gestion du faisan
La détermination de l’âge des faisans.

 
La biologie de nos faisans de “chasse".

Bien qu’il s’adapte plus ou moins à des endroits comme la garrigue, les zones
marécageuses, les plaines céréalières où demeurent quelques boqueteaux, le faisan n’est ni un oiseau des grandes forêts, ni un animal des grandes plaines. Son biotope préféré est fait de bocages, de lisières, de taillis et de haies épaisses, bien réparties au milieu de petites parcelles aux cultures variées. Si l’eau est un élément indispensable pour son cantonnement sur un territoire, le soleil est tout aussi important pour son équilibre vital. Il se plaît à profiter de ses rayons bienfaiteurs dans les allées, clairières et endroits dégagés dès le petit matin pour se réchauffer et se sécher de l’humidité de la nuit.

D’un tempérament plutôt solitaire, le faisan pourra malgré tout se rencontrer
par petits groupes en dehors de la période de reproduction et surtout l’hiver.
Coq et poules vivent alors séparés. Les groupes de coqs sont réduits à quelques individus, alors que les poules pourront être en nombre plus important. Les grands groupes mixtes sont le fruit de lâchers.

Dès l’arrivée du printemps, fin février et début mars, les coqs se séparent et délimitent un territoire. Ils se “cantonnent”. Le territoire du coq, en moyenne d’1 à 10 hectares, sera défendu par le seigneur des lieux pendant toute la durée de la période de reproduction.

Au début, le maître de l’endroit effectue juste quelques petites rondes, surtout matinales et crépusculaires, ponctuées de temps à autre par un chant caractéristique à deux syllabes (lookkk…cook). Très vite, l’activité s’intensifie et il devient interdit à tout autre coq de pénétrer l’espace ainsi délimité. Les chants s’entendent de plus en plus fréquemment, suivis cette fois d’un puissant et rapide battement des ailes au sol. Attention au coq qui ose pénétrer dans le fief du seigneur des lieux… un spectaculaire combat à coups d’ailes et d’ergots s’engage. La seule issue pour le vaincu est la fuite. Sa conséquence : la quasi certitude de ne pouvoir participer à la reproduction cette année-là !

A la même époque, les petits groupes de poules se scindent. Moins territoriales que les coqs, elles vagabondent seules ou encore, à deux ou trois, sur leur domaine vital, plus grand que pour les mâles. Tôt ou tard, elles pénètrent dans le fief d’un de ces seigneurs… Beaux chevaliers, ils paradent et cherchent à séduire la belle avant de s’accoupler. C’est le moment où vous rencontrerez de petits groupes mixtes de faisans : le coq, maître des lieux, et son petit harem. Le faisan est polygame alors que la perdrix grise est monogame.

Une fois fécondée, la poule quitte le coq à la recherche d’un endroit propice à la construction du nid. Elle assurera seule la protection de la couvée et l’éducation des faisandeaux. Le nid est une cuvette à même le sol, tapissée de végétaux.
Certes rudimentaire, il est surtout bien caché dans la végétation. Le choix de l’endroit est très important pour la réussite de la reproduction. Les hautes herbes d’une tournière en bordure de bois, une jachère environnement
faune sauvage dont le fauchage sera tardif, un épais taillis ou des fourrés avec des orties sont autant de lieux propices à la nidification. Les bordures de chemin, les champs de céréales sont aussi des lieux propices à l’élaboration du nid, mais attention aux activités humaines avec les travaux agricoles et les fauchages de début de saison….

En effet, la poule faisane commence à pondre dès fin mars, en moyenne un oeuf tous les deux jours. La saison de ponte culmine en avril. Dans le nid, elle dépose, au fil des jours, 8 à 12 oeufs de couleur brun grisâtre à vert olive, et parfois plus. Ils se confondent parfaitement à la végétation environnante. Chaque oeuf pèse une trentaine de grammes.

L’incubation débute une fois la ponte terminée. Elle dure, en moyenne, 24 jours comme pour la perdrix grise.
La majorité des éclosions a lieu fin mai et début juin, soit un peu plus tôt que pour les jeunes perdreaux qui arrivent en moyenne mi-juin. Le pourcentage d’éclosions réussies par nid varie de 30 à 70 % des oeufs de la couvée.
De nombreux facteurs expliquent le phénomène. Quelques oeufs peuvent ne pas être fécondés… une gelée de printemps qui détruit l’un ou l’autre embryon alors que la poule a quitté le nid pour se nourrir !

Situé à même le sol, le nid est très vulnérable même s’il est bien dissimulé dans la végétation. Sa destruction totale peut être l’oeuvre de prédateurs comme la pie, la corneille ou d’autres encore, avides de ce met de choix qu’est un oeuf, les mustélidés comme la fouine, mais aussi le renard ou… le hérisson !
Placé dans une culture céréalière, ou en bordure de chemin, le nid de la poule faisane peut aussi être détruit par l’activité humaine. L’entretien des talus et bords de chemins agricoles trop tôt dans la saison, la pulvérisation ou un fauchage hâtif des jachères réduisent en quelques secondes tous les efforts de la belle. Les premières ballades des gens des villes, la cueillette des premières fleurs de printemps, pour les vendre ou les offrir le premier mai, dérangent aussi notre poule sur le nid et peuvent l’inciter à l’abandonner !
Enfin, le mauvais temps ou les violents orages de saison peuvent noyer ce nid et obliger la poule à le quitter définitivement, ne lui laissant d’autre choix que… recommencer !

Si les oeufs sont détruits avant le début de la couvaison, la courageuse poule faisane reconstruit un deuxième nid pour continuer sa ponte.
Lorsque l’accident arrive alors qu’elle a commencé à couver, elle reconstruit le
plus souvent un nouveau nid pour assurer une nouvelle ponte. Cette ponte de “recoquetage” n’aura que quelques oeufs (5 à 8 au plus).
En cas de réussite de cette couvée, les jeunes faisandeaux verront le jour en
juillet, voire au mois d’août.

Quelques heures après l’éclosion, les poussins quittent déjà le nid. Ils sont
“nidifuges”. Ils pèsent à peine 20 grammes.
Leur protection et leur éducation sera assurée par la poule seule. Capables de voler dès la deuxième semaine ( ils ont alors environ 80 grammes ), le plumage juvénile est complet, de couleur gris brun, dès la 5ème semaine.
Le poids d’un faisandeau est alors d’environ 250 grammes.
La croissance est très rapide et assurée par une alimentation essentiellement faite de proies animales, comme pour le perdreau, durant les 3 à 4 premières semaines. Pucerons, fourmis et leurs oeufs, vers, larves, mollusques et insectes en tous genres sont l’essentiel de la nourriture des jeunes faisandeaux. Le second mois, le régime alimentaire s’étend, devient plus varié. Sans dédaigner cette première nourriture, le jeune faisan devient granivore et herbivore, comme les adultes. Les jeunes pousses, les feuilles, les graines des plantes cultivées ou sauvages constituent dorénavant l’essentiel de son alimentation et peuvent représenter jusqu’à 95 % des 75
à 80 grammes de nourriture qu’il consomme quotidiennement à l’âge adulte !

 

La poule faisane commence à pondre dès fin mars. Situé à même le sol, le nid est très vulnérable même s'il est bien dissimulé dans la végétation.

 
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