Le faisan de Colchide et le faisan “commun”

Sommaire

Introduction

De nombreuses variétés de faisans….
Le faisan versicolor
Le faisan dit “commun”
Le faisan vénéré.
La biologie de nos faisans de “chasse".
La gestion du faisan
La détermination de l’âge des faisans.

 
Le faisan versicolor

(Phasianus versicolor) est une autre variété.
De race pure, le coq adulte se pare d’une tête verte, comme le faisan de Colchide, mais la gorge est nettement bleue et le
cou franchement violet pourpré.
L’ensemble du plumage du corps est vert olive, aux reflets bleu gris. La couverture des ailes est gris clair et châtain, aux
reflets bleus et verts.
Les rectrices sont de couleur olive aux larges bandes noires.
La poitrine tranche sur le reste du corps, mais cette fois, elle est plus claire avec des traces de couleur fauve sur sa
partie inférieure. Aucun collier blanc n’existe dans la race pure de ce faisan !
La poule du faisan versicolor est de couleur fauve, mais plus tachetée que celle du faisan de Cholchide.
Le faisan versicolor compte trois sousespèces, alors que le faisan de Cholchide en comprend 31 !

Le faisan dit “commun”

est issu de croisements répétés entre le faisan versicolor et le faisan de Colchide, mais aussi avec leurs nombreuses sous-espèces.
Ces sous-espèces sont notamment le faisan de Chine ou de Formose (Phasianus colchicus formosanus) et le faisan de
Mongolie (Phasianus colchicus mongolicus), originaire du Turkestan chinois et dont le vrai nom serait : “ faisan kirghize”.
Leur caractéristique principale est, cette fois, la présence d’un collier blanc, comme le faisan à collier ( Phasianus colchicus
torquatus ), une autre sous-espèce du faisan de Colchide. Les couleurs du plumage des coqs et des poules de ces sous-espèces varient, tantôt plus clair, tantôt plus foncé comme pour le faisan obscur (Phasianus colchicus “mutant” tenebrosus) au plumage vert métallique quasi noir chez le coq et brun noir pour la poule.
Difficile, dès lors, de donner des caractéristiques précises de plumage à notre faisan “commun” sinon de vagues ressemblances avec le faisan de Colchide ou le versicolor… avec ou sans collier blanc.

Bien d’autres faisans existent encore…et quels faisans !

 Le faisan vénéré.

(Syrmaticus reevesii) appartient au genre “syrmaticus” et non
plus “phasianus”.
En langage simple, cela signifie non seulement un aspect totalement différent du plumage et des coloris, mais aussi
d’autres moeurs.
Introduit en Europe par Monsieur John Reeves vers 1831, le faisan vénéré est originaire des contrées boisées du nord de
la Chine et reste fidèle à son milieu d’origine : la forêt aux peuplements variés, avec de nombreuses allées et clairières.
Beaucoup plus forestier que les faisans du genre phasianus, le faisan vénéré s’en distingue aussi par un plumage couleur
or et une queue majestueuse pouvant atteindre 1m90. Cet oiseau est une véritable merveille de la nature… mais qui
ne dispose d’aucun statut légal (voir encadré ci-contre).

Le faisan vénéré est un galliforme comme le faisan commun, la poule domestique, la caille et les perdrix.
Originaire des régions boisées du centre et du nord de la Chine, il a été introduit en Angleterre en 1831, puis en France en 1870.
Le mâle pèse 1, 4 à 1, 6 kg. Sa queue très longue peut dépasser 1,80 m. Il arbore de vives couleurs : tête blanche rayée de noir, corps brun et or, queue brune et blanche striée de noir.
La femelle a un plumage plus terne, brun foncé et brun clair. Elle mesure 70 à 75 cm et pèse 0,9 à 1,2 kg.
L'espèce est habituellement polygame dans nos régions. La Poule pond 7 à 12 oeufs dans un nid sommaire creusé à même le sol. La plupart des éclosions ont lieu entre début mai début juillet. A la fin de l'été les compagnies comprennent le plus souvent 3 à 6 jeunes accompagnés de leur mère.

Tir du faisan vénéré

Suite à différentes interrogations quant au tir du faisan vénéré, profitons de cet article pour nous y attarder.


Le faisan vénéré ne figure pas parmi les espèces gibiers mentionnées à l’article 1er bis de la Loi sur la chasse. Par conséquent, le tir d’un faisan vénéré ne saurait être onsidéré comme une infraction à cette loi.


Cette espèce n’est pas non plus protégée par la Loi sur la conservation de la nature, étant une espèce non indigène.
Le tir de cet oiseau ne saurait doncêtre sanctionné en application des dispositions de cette loi.

La loi du 14 juillet 1986 relative à la protection et au bien-être des animaux ne trouve pas à s’appliquer ici. Il ressort en effet clairement des travaux parlementaires que cette loi “a pour but de protéger l’animal qui se trouve sous la garde de l’homme et d’assurer son bien-être. Son champ d’application est limité aux animaux se trouvant sous la garde de l’homme. Il ne s’agit nullement de chercher à protéger la faune ni à contrôler d’éventuelles incidences de l’action de l’homme sur celle-ci telle que la pollution de l’atmosphère, des eaux, des végétaux, les modifications de l’environnement, la chasse, la protection de la nature…” (cfr exposé des motifs au Sénat, doc. 469).
Comme mentionné à son article 15, la Loi du 14 juillet 1986 admet la mise à mort par la chasse, cette notion ayant évidemment dans le contexte de cette loi fédérale un sens large et non limité à la mise à mort des seules espèces gibiers, espèces qui différent d’ailleurs d’une Région à l’autre.

En conclusion, le Faisan vénéré ne dispose d’aucun statut légal de protection et les oiseaux de cette espèce peuvent donc, le cas échéant, être tirés par les chasseurs qui en encontreraient sur leurs territoires de chasse.

Il convient cependant de rappeler qu’en tant qu’espèce non indigène, le Faisan vénéré ne peut en aucun cas être lâché dans la nature. La présence soudaine d’oiseaux de cette espèce sur un territoire de chasse pourrait, en fonction de sa situation géographique (proximité ou non de la France par exemple), être a priori considérée par l’Administration (DNF) comme suspecte.

 

  Précédent  - Suivant